Le changement, c’est maintenant. Et après aussi, quand même.

Hello tout le monde,

Aujourd’hui, je ne vais pas parler d’une destination, mais plutôt de mon état d’esprit. Ça fait presque 4 mois que je voyage, bientôt la moitié, et je trouvais qu’un petit bilan s’imposait. Beaucoup de choses ont changé depuis mon départ, et je pense que c’est intéressant de voir comment on change pendant un voyage. Enfin plutôt, comment je change. Parce que chacun voyage à sa manière, il n’y a pas de règle universelle.

On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt c’est le voyage qui vous fait ou vous défait

– Nicolas Bouvier

Un voyage, quelque soit sa durée, ça nous change. De manières différentes, certes, mais ça  nous fait évoluer. Dans un sens, dans l’autre, dans des directions diverses et sur différents plans. (Vivent les maths.)

Voici trois questions ou états d’esprits qui étaient accrochés à moi lorsque je suis parti, et comment j’ai changé à ces niveaux là.

Combien de temps compté-je rester dans cette ville ?

Lors de mon arrivée en Inde, c’était ma question principale. Si je veux visiter telles villes, sachant que j’ai environ 3 semaines, il va falloir que je passe 3 jours par ville. Ça semble correct, un jour pour se reposer du voyage, et deux jours de vraies visites.

Ce n’est qu’après plusieurs semaines voire plusieurs mois que je me suis rendu compte que chaque ville est différente. Pas seulement du point de vue architectural, culturel ou historique, non. Un facteur que j’oubliais était : Est-ce que j’ai envie de partir de cette ville ? Quid des rencontres que j’ai pu faire ? Est-ce que je suis satisfait ? Et bien très souvent, la réponse est non, je n’ai pas envie de partir. Il faut attraper le bus le lendemain à 4h du matin, mais quand même, je serais bien resté quelques jours de plus.

Maintenant, je prévois ville après ville. Pas de deadline, pas de contrainte. Dernièrement, je suis arrivé à Shanghai. C’est une ville dans laquelle je ne pensais pas passer beaucoup de temps, et bien elle avait beaucoup plus à m’offrir qu’escompté. Ses quartiers, ses temples, son histoire, son ambiance, ses habitants, sa langue (et ma cousine, quand même !). Ce n’est qu’après 10 jours que j’ai ressenti l’envie d’aller voir ailleurs. Et ces 10 jours n’étaient ni trop, ni trop peu, c’était le temps que je voulais passer dans cette ville.

J’entends déjà les réflexions au loin : « Tu as la chance de faire ce voyage et tu gâches 10 jours dans une même ville ? », et bien non, je n’ai pas gâché 10 jours. J’ai commencé à me sentir bien dans cette ville, à avoir des repères, des commerçants avec qui j’ai commencé à avoir des discussions qui dépassaient les sujets classiques. On rencontre des gens pendant plus longtemps, on découvre plus de rues, plus de recoins, plus de secrets. Et ça, c’est le pied.

Prendre son temps.

Il faut que je rencontre des gens

Quand on part en voyage en solo pour une longue période pour la première fois, qu’on soit débrouillard ou pas, sociable ou non, ne nous voilons pas la face, on a cette petite peur ou appréhension : Je risque de me sentir souvent très seul. Ainsi, pendant les premières semaines de mon voyage, j’ai tout fait pour rencontrer le plus de personnes possible d’auberge en auberge, parce que je pensais que toutes les activités n’avaient de sens que si on les partageait avec quelqu’un.

Ce n’est qu’en ayant trop de compagnie que j’ai découvert le plaisir de la solitude. Assez rapidement j’ai eu besoin de, parfois, me détacher des autres et de vivre des expériences, mes expériences, moi-même.  Ça commençait avec des choses comme me perdre dans une ville, prendre un repas dans un petit restaurant de rue, ensuite je suis parti faire quelques randonnées à pied, à vélo, en moto. Au cours de mon voyage, j’ai également rencontré des personnes pour lesquelles la méditation faisait partie intégrante de leur mode de vie. Je m’y suis alors essayé. Il suffit de petites choses simples comme sentir la terre sous ses pieds quand on gravit une montagne, écouter tous les bruits environnants. C’est mettre en alerte tous ses sens (mais pas que !) pour ressentir et vivre l’expérience dans son entièreté.

Prenez un magnifique paysage. Si la vue était suffisante pour le vivre, alors une photo suffirait. Mais si le bruit du vent du sommet duquel on se tient permettait de rendre l’expérience complète, alors nous n’aurions besoin que d’une vidéo. Non, vivre un moment pleinement, ce sont les 5 sens, tous en éveil, mais également la sensation de fatigue qui a permis d’atteindre ce point de vue, parfois ce petit vertige, cette satisfaction. Le chemin est tout aussi (voire plus) important que son aboutissement. Lorsqu’on vit seul une étape, on a le temps de se recentrer, et de se concentrer sur tous ces détails qui souvent nous échappent. (Bon, ok, après, on fait une photo, quand même, mais NON, je n’utilise et n’utiliserai pas de perche à selfie.)

La rencontre des autres fait (grosse) partie intégrante de mon expérience car c’est d’une richesse incroyable, mais la solitude (dans le sens décrit précédemment) possède une place importante dans mon voyage, mon aventure.

Que vont penser les autres si je ne visite pas ça ?

Oui c’est une question que je me suis posée très souvent jusqu’à assez récemment. Je sentais que j’avais un devoir de visite vis-à-vis de ceux qui sont restés en France, comme si je ne partais pas pour moi, mais pour eux, pour vous. Ça ne vient pas de vous, évidemment, mais j’avais cette sensation, cette impression.

Par exemple, en Inde, je ne suis pas allé à Jaisalmer qui est une ville parait-il incroyable avec son désert. On me l’avait vivement conseillée, donc je me sentais redevable d’aller la voir et coupable de l’avoir ratée. De même pour la Chine avec X’ian, je me sentais comme dans l’obligation de passer par là car il semble qu’elle vaille le coup. Lorsque je relatais mes histoires à certains, il arrivait qu’on me réponde « Oh tu n’as pas fait ça ? C’est dommage », et je me sentais coupable, encore. Moi qui fais le tour du monde, qui ai 10 mois pour voyager, je ne suis pas capable de voir ou faire des choses supposées incontournables ?

Et puis un moment, le switch. La bascule. Je me suis dit : « Fuck ». Pas à vous (of course, je vous aime, plein de love, des bisous, toussa). Non, je me suis dit que je n’avais pas à réfléchir à ça. Si je veux prendre mon temps ici, au détriment de , et bien je le fais, parce que c’est comme ça que j’ai envie de vivre mon voyage. Si je n’ai finalement pas envie de visiter tout ça, comme on me l’avait conseillé, mais que j’ai envie d’aller seulement dans cet endroit, alors ainsi soit-il. Cette auberge et ce village me plaisent ? Je reste. Ça fait 2 jours que je suis sur mon ordinateur et que je n’ai pas mis le nez dehors ? Ça arrive, j’en avais envie, c’est tout.

Bien sûr, je suis toujours extrêmement ouvert aux recommendations, aux conseils, aux rencontres, mais je ne me sens plus dans l’obligation de faire quoique ce soit sous prétexte que je voyage longtemps et que j’ai donc le temps de tout faire. Non, je n’ai pas le temps de tout faire, et je fais ce qui me plait. What a relief, j’vous le dis.


Voilà, ce ne sont que quelques changements parmi d’autres. J’ai perdu presque 10kg, j’ai de la pseudo-barbe de baroudeur, j’ai gagné des bracelets, des drapeaux sur mon sac, j’ai jeté des choses superflues (et ça, ça pourra faire l’objet d’un autre article).

À la revoyure les amis, vous me manquez <3

  1. Emouvant mon Rom …. I miss you too

  2. Tu as mille fois raison !
    De toute façon le prédicat « je voyage longtemps et que j’ai donc le temps de tout faire » est faux étant donné la quantité de trucs inclus dans ce « tout », donc profite de la manière qui te plait et dis toi que tu t’en gardes pour un ou plusieurs autres voyages :p.

    Ps: toi aussi tu manques, cœur love toussa

  3. Quel bel article intéressant tu nous as écrit ici (plutôt que la…. 😉 ).
    Autant avec les autres nous voyageons « physiquement » avec toi, maintenant tu nous fais voyager dans ton ressenti! On a encore plus l’impression d être à tes côtés.
    Profite au maximum des instants que tu sélectionnes (tu as bien raison de choisir tes endroits et du temps que tu veux)!!

  4. <3 (que dire de plus !!!) Tu gères Rominet !!! Et tu nous fais prendre beaucoup de recul sur tout ça !!!

  5. Je me disais justement il y a peu que je n’avais pas reçu de «La Tangente | Un nouvel article !» depuis un moment 😉

    Excellent que tu nous partages aussi ta manière d’aborder les choses et ce recul!

  6. BRAVO mon Rom, c’est formidable ce que tu vis là et tu as bien raison, fais ce qu’il te plaît avec qui tu veux quand tu le souhaites: c’est TON voyage . Mais nous sommes ravis de le partager un peu avec toi…Tu écris TB… tu sais être émouvant, drôle, intéressant… Bon j’arrête tu vas reprendre des kgs ds les chevilles!! (ne maigris pas trop qd même!!!). Plein de gros poutounes et continue à vivre pleinement cette aventure.

  7. 3 mois de voyage 10kgs ! En voila un bon article pour madame figaro et men’s health !!

    Comme quoi, l’homme n’est pas fait pour vivre en ville s’empâter et rester assis derrière un bureau à générer on se demande quoi pour servir la demande toujours croissante de notre monde poussée parles marketeurs qui nous poussent à acheter des choses superflues…..

    Vais ptet venir te rejoindre dis donc ! Pas que pour les kgs ^^

    Bisous mon Rom, ca faisaif un moment que tu n’avais pas fait d’update, j’étais en manque de tes aventures !!!
    Besos ! Et surtout PROFITES !!! Tu n’es qu’au début de ton voyage !

  8. Cyrille Ollagnier

    5 avril 2016 at 23 h 14 min

    Salut Romain,
    une pensée pour toi, quelle aventure humaine et personnel exceptionnelle. Profite de chaque instant. Certaines photos sont justes TOP!!!! Très agréable de te lire!!!! Bonne route
    Biz
    Cyrille

  9. 10 jours à Shg tu as eu totalement raison 🙂 !!!! <3 ville incroyable tellement envie d'y retourner :p Et TOTALEMENT d'accord ac ce post 😉 !

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