Retour sur un sac

J’ai l’impression que j’ai pris ces photos il y a 10 ans, et pourtant, ça va bientôt faire un an.

my_bag

Hector

stuff

My stuff

backpack

Au détail

Bon alors déjà, mon sac est beaucoup plus stylé maintenant.

My old home

My old home

My old home from the side, mais toujours aussi belle

My old home from the side, mais toujours aussi belle

Ce qui donne le fameux avant/après

Before - After

Before – After

Comme vous pouvez le remarquer, je l’ai agrémenté de quelques petits détails, tous avec leur histoire, que ce soient les drapeaux de tous les pays que j’ai eu la chance de visiter, mais également des petits patchs comme le smiley qui sourit, le sourire étant ce petit geste simple mais international qui rend tout tellement plus simple, ou le signe Om̐, ce sigle blanc sur fond noir qui serait dans l’Hindouisme le premier son de l’univers, la « vibration primitive divine de l’Univers qui représente toute existence ». Il y a également ce lapin que j’ai trouvé dans un tuktuk au Myanmar. D’abord fièrement arboré dans la poche poitrine de ma chemise, je me suis dit que ce lapin m’avait suffisamment accompagné pour mériter de continuer son voyage avec moi. Il est vrai que je ne lui ai pas vraiment laissé le choix, mais il est encore sur mon sac à dos aujourd’hui, je considère donc qu’il est heureux et en paix avec ma décision. Et non, aucune maltraitance, tout s’est fait dans la joie et la bonne humeur. Il a juste un peu sourcillé quand je lui ai enfoncé la première aiguille, mais rien de bien méchant.

Allez, assez parlé de mon magnifique sac, rentrons un peu dans la bête. Je ne vais pas parler de tout le contenu, mais plutôt le catégoriser comme suit.

Les inattendus

Dans la liste des éléments qui se sont révélés indispensables contre toute attente (de ma part), on trouve finalement pas mal de choses.

  • Les écouteurs-bouchons. Vous savez, ces écouteurs intra-auriculaires qui paraissent simples avec leurs petits bouchons en plastique (qui se détachent et se perdent facilement) qui rentrent dans l’oreille. Certains ne supportent pas ça, mais c’était pour moi le Saint-Graal. Avec son double rôle de transmission de musique de qualité et de boule-quiès, ces écouteurs étaient dans mes oreilles pour tous les trajets, toutes les nuits, tous les moments où j’avais besoin de calme et de silence. Je pense avoir perdu ces petits bouchons une bonne vingtaine de fois, dans l’herbe, dans des bus, dans des auberges, des sacs, des poches, des treks, ce qui provoquait en moi une vraie tristesse, comme si un ami me laissait là, d’un coup, mais à chaque fois je les retrouvais, à chaque fois je jubilais, et à chaque fois je me rendais compte de la chance que j’avais eue. Ce n’est qu’une semaine avant la fin de mon tour du monde qu’un des deux écouteurs à commencé à faire des siennes, avant de s’arrêter complètement. Aujourd’hui, j’ai acheté une nouvelle paire, mais ce sont les bouchons du tour du monde qui sont dessus.
  • L’oreiller de voyage Décathlon, ou le secret pour dormir comme un bébé dans n’importe quel transport, à n’importe quelle heure, sur n’importe quelle route. En le gonflant comme on veut, et en le calant comme on le désire, cet oreiller magique m’a aidé à dormir et à récupérer pendant mes nombreux trajets de nuit, me permettant ainsi d’être up and running le matin, dans une nouvelle ville, apte à partir pour de nouvelles aventures. Cet oreiller couplé à mes écouteurs-boules-quiès étaient parfaits en toute circonstance.
  • Le sac à dos pliable Décathlon à 3€50. LE sac, THE sac, L’ULTIME sac, le sac de la VIE, qui sous son air penaud et fragile a tenu pendant mes 10 mois de voyage. 10 mois à porter plusieurs kilos d’ordinateur, appareil photo, gourde, bouffe, et mille petites choses qui s’accumulent, ce sac MAGIQUE qui ne s’abîme pas, qui pèse 55g avec une contenance de 14L est la surprise la plus folle et la plus parfaite de mon tour du monde. C’est lui que j’avais sur les épaules quand ma maison Hector (i.e. mon sac à dos) était en auberge. C’est lui qui m’a accompagné pour d’innombrables promenades, treks, aventures tout au long de mon voyage. Il est toujours vivant, il est toujours solide, il est toujours fonctionnel, il a été le compagnon le plus incroyable qu’un voyageur puisse avoir. Un modèle de vertu, je recommande ce sac aux plus pauvres mais également aux plus riches d’entre vous. Il ne vous décevra pas, tant que vous y prenez soin, évidemment.

Les indispensables

En vrai, presque tout le contenu de mon sac était indispensable, mais je voudrais mettre en avant quelques éléments, parce que quand même, sans eux, ça n’aurait pas été pareil.

  • L’appareil photo parce que mon Sony RX100 était mon assistant souvenir qui m’a été offert par tous les coupaings avant mon départ. Grâce à lui, j’ai pu immortaliser toutes les scènes qui me tenaient à coeur. Un paysage, une rue, une personne, un événement, une lumière, ou même un sentiment. Bien sûr, tous ces clichés ne remplaceront jamais mes souvenirs. Une photo ne porte pas l’émotion ou l’expérience du moment, mais elle les rappelle. Quand je plonge dans mes premières photos de tour du monde, tout me revient. La photo est une piqure de rappel qui réveille tous les sens. Pour une fois, je suis content d’avoir plusieurs centaines de piqures à disposition.
  • Le nécessaire à couture de voyage m’a été utile plus d’une fois. Un trou dans des gants, dans le sac de couchage, dans des chaussures, une bretelle de sac qui faiblit. Cette petite boite a sauvé plus d’une fois mes affaires, et m’a forcé à apprendre à coudre. Oui, c’était la première fois de ma vie que je recousais quelque chose. Maintenant c’est bon, j’suis un professionnel. (Non, ne m’appelez pas pour recoudre vos trucs, sauf si vous êtes en voyage, auquel cas je vous rejoindrai avec plaisir)
  • Le couteau Suisse, le seul, l’unique, offert par des chouettes coupaings coupings également. Je ne suis même pas sûr qu’il faille justifier sa présence. Sa lame, ses ciseaux, son décapsuleur, que de fonctions utiles pour découper la nourriture, des cordes, du fil de pêche, ou pour me défendre contre des meutes de loups affamés tout en m’ouvrant une bière. Un must-have.
  • Le sac de couchage 0°C, celui-ci offert par les meilleurs coupaings de prépa. C’était un sac extrêmement confortable, avec une capuche bien large qui me permettait d’être totalement emmitouflé. J’étais comme dans un cocon dedans, le plus difficile étant d’en sortir au réveil dans les gîtes des hauteurs népalaises, ou lorsque le givre persistait sur les paroies de la tente pendant les treks en Patagonie avec Tanguy.  Un sac chaud et confortable améliore nettement une expérience de trekking dans le froid car d’une part, on est content de rentrer dans le sac, et d’autre part on dort au chaud donc on se réveille reposé le lendemain.
  • Maps.Me, ou l’application de smartphone qui permet d’avoir en offline les cartes détaillées de tous les endroits où vous allez. Ces cartes hors lignes possèdent toutes les informations nécessaires, que ce soient les tracés des chemins de rando, les auberges de jeunesses, les restaurant, les points d’intérêt, les supermarchés, les banques, etc. En plus de ça, ces cartes peuvent également faire office de GPS à pied, mais également en voiture, et encore une fois tout ça hors ligne. Autant dire que c’était l’application la plus utile lorsque je partais tout seul en rando dans des sentiers que je ne connaissais pas, ou lorsqu’Axel et moi avons avalé plus de 4000km de route en Australie et Nouvelle-Zélande. Je l’utilise encore à Paris pour avoir des informations sur les points d’intérêt, les points de vues ou autres petites informations croustillantes.

Les indispensables

On dit toujours qu’il faut partir avec l’indispensable, et seulement l’indispensable, et c’est ce que j’ai essayé de faire. Mais je me suis rendu compte, plus ou moins rapidement en fonction des objets que certaines choses n’étaient pas nécessaires, du tout. Je me suis débarrassé de certaines, j’en ai perdu d’autres sans aucun regret, en voici la liste.

  • Un réveil/horloge qui, je pensais, allait me servir de réveil tout le long de mon périple. Mais comme je suis parti également avec un smartphone, il est devenu lourd, encombrant et inutile très rapidement. Il a donc fini sur un meuble dans une auberge, et tant mieux s’il sert à quelqu’un d’autre.
  • Une batterie portable dynamo en laquelle je croyais. Vraiment. Je vantais ses mérites avant mon départ. « Vous vous rendez compte, je peux recharger mon portable même quand je suis en pleine forêt et même s’il fait nuit ? » Ouais, ok, super, mais pourquoi ? Alors déjà mon téléphone avait une batterie de titan en tenant 5 jours complets avec le GPS (Maps.ME), mais de toute manière si jamais j’étais en rade de batterie, je n’en avais pas grand chose à faire. En pleine cambrousse, il n’y a pas de réseau donc de toute manière mon téléphone n’allait pas m’aider en cas de pépin. Hop, sur une autre commode d’auberge, et tant mieux si elle sert à quelqu’un d’autre.
  • Une deuxième chemise longue. C’est con, mais je ne l’ai jamais jamais mise. J’avais une chemise longue et deux tshirt techniques à manche longue. C’était largement suffisant. Si j’avais besoin de manches longues, c’est qu’il faisait froid, et s’il faisait froid, je mettais mes vêtements techniques, quitte à mettre une chemise par dessus. Mais deux chemises, non, ça ne sert à rien, en tout cas pas à moi.
  • Mon MP3 que j’ai perdu après 1 semaine dans un train en Inde. Comme je l’ai dit, j’avais également un smartphone. Hop, toutes les musiques sur le téléphone, et roule ma poule.

Les p’tits nouveaux

Malgré un long et méticuleux temps de préparation, j’ai forcément oublié des choses, souvent on purpos. J’ai donc adopté des petits nouveaux pour me suivre et partager mon histoire.

  • Deux couverture d’avion que j’ai récupérées en cours de route. Oui, je sais, il y a une étiquette sur ces couvertures qui dit qu’il faut les laisser dans l’avion, mais je n’ai vu ces étiquettes qu’une fois sorti de l’avion, donc trop tard. En tous les cas, quel confort d’avoir ces petites couvertures d’appoint pour maintes choses. Quand il fait froid en trek pendant le dîner, lorsqu’il fait un peu frisquet en auberge mais pas suffisamment pour justifier de sortir le sac de couchage du fond du sac à dos, ou encore pour dormir un peu au chaud dans les bus de nuit, les avions sur-climatisés qui ne proposent pas de couverture, ou en attente d’un train dans une gare. Ça ne pèse pas grand chose, ça se plie et ne prend pas trop de place, et ça permet d’être au chaud dans bien des situations. Zéro regret !
  • Pull American Eagle et manteau Moncler achetés dans un superbe mais controversé marché chinois qui ne vend que de l’authentique sans contre-façon, évidemment. Pour une modique somme de 90€ pour l’ensemble, j’avais un manteau on ne peut plus chaud et un pull à capuche très cocoon. Alors oui, un manteau Moncler c’est lourd, ça prend de la place, mais j’ai décidé de le prendre quand même parce qu’après la Chine, il y avait la Nouvelle-Zélande et la Patagonie, tous les deux en hiver ou presque. Ces deux vêtements m’ont tenu extrêmement chaud lorsque les températures descendaient sous les zéro degrés, et de la même manière que les couvertures d’avion je n’ai pas un seul regret. Regardez, pour preuve, une photo en Patagonie.
Couverture d'avion + Manteau

Couverture d’avion + Manteau Moncler

  • Une première tente que j’ai récupérée à Sydney chez Thomas, un cousin. C’était la tente d’un autre cousin qui était passé par là, et qui l’avait laissée sur place. Elle était chouette, assez grande, j’ai dormi dedans en Nouvelle-Zélande et sur l’île de Pâques, mais elle était un peu trop lourde et encombrante. Tanguy m’a ensuite rejoint en Patagonie avec sa tente que nous avons partagée pendant nos deux semaines ensemble, et il me l’a laissée lorsqu’il est parti. J’ai alors laissé ma première tente dans une auberge, je suis sûr qu’elle servira à d’autres voyageurs.
Tente de Tanguy

Tente de Tanguy

  • Un premier tapis de sol récupéré à Sydney avec ma première tente, un truc tout simple en mousse qui permet juste de ne pas dormir directement sur le sol, puis un deuxième acheté en Patagonie avec une face argentée à des fins d’isolation et de réflection de chaleur. Pareil, au top pour les campings, surtout quand il faisait froid.
Tapis de sol

Mes tapis de sol entrelacés

  • Enfin, mon réchaud qui m’a permis de me faire du café et faire à manger en toute circonstance. C’est le plus gros luxe de la vie, et le plus gros kiff du trek. (Note pour moi-même : Ne pas oublier que les bouteilles de gaz ne sont pas acceptées dans les avions, donc ne pas acheter une bouteille de gaz pour le prochain trek, s’il y a un avion entre les deux.)

    Un café en trek, en attendant les autres

    Un café en trek, en attendant les autres

Mon réchaud

Mon réchaud

Peut-être que si je pense à d’autres choses, je les ajouterai dans cette liste. En tout cas, rien que de repenser à tout ça, ça me rend bien nostalgique, et je n’ai qu’une hâte, repartir pour réutiliser tout mon sac.

Voyagement votre,

Bécots.

5 Comments

  1. Un article qui détaille tout le contenu d’un sac, que rêver de mieux, j’adore :D.
    Je ne savais pas que tu l’avais renommé Hector, ça vient d’où ? 🙂

    • Romain

      11 octobre 2016 at 14 h 07 min

      En fait, j’aimais bien tout appeler Hector. Il y avait également un superbe sapin à Varanasi que j’ai appelé comme ça. Mais Hector pour le sac, c’est un peu resté, c’était son petit surnom perso, entre lui et moi. Comme je fais part de l’histoire d’amour entre mon sac et moi, je me suis dit que c’était le moment de dévoiler nos petits secrets. (Pas tous, évidemment)

  2. Coucou c’est quoi la marque de ton tél miraculeux dont la batterie dure 5 jours même en te servant du GPS???? le mien est sous perfusion en permanence ou presque!!

    • Romain

      12 octobre 2016 at 10 h 04 min

      Alors il tient 5 jours avec le GPS Offline dont je parle (Maps.Me) donc ça veut dire qu’il est en mode avion en permanence. Et finalement, beaucoup de téléphones tiennent très longtemps lorsqu’ils sont en mode avion. 🙂
      PS : C’est un téléphone acheté en Chine. Il n’y a pas exactement le même en France.

  3. Top et émouvante description…!
    La personnalisation des objets, c’est bien connu : il y en a même qui parle à leur bateau lorsqu’ils sont seuls 😀
    La bise mon Rom

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